Urban Exploration | La Belle Inconnue

Il était une fois, au milieu d’un parc où la nature reprend ses droits,  une magnifique maison oubliée¹ des années 1930. 

L’immense portail en pierre de taille ne laisse planer aucun doute. Impossible de passer ! La quête d’une faille dans la clôture commence, et il ne nous (nous, c’est Jimmy et moi) faut pas longtemps avant de découvrir un passage. Grimper le talus, soulever une branche, en deux temps, trois mouvements et quelques écorchures, et nous voilà de l’autre côté. J’ai le cœur qui s’accélère ! A pas de loup, nous nous approchons de la bâtisse. Nous y découvrons une première porte recouverte de lierre, puis une seconde en fer forgé. Elle doit donner accès à l’espace sous la terrasse. Il y fait bien noir, je n’ai pas plus que ça envie d’y aller… La façade nous fait faire un bond dans le passé. J’ai l’impression de me retrouver devant le château de la Belle au Bois Dormant ! La nature recouvre la maison, comme pour la protéger. Les lauriers roses sont immenses. Ils dissimulent entièrement les murs du rez-de-jardin. Les escaliers de pierre qui mènent à la terrasse sont envahis par la glycine. Au printemps, l’air doit embaumer. Et les abeilles s’en donner à cœur joie !

A peine plus de 25 centimètres. C’est la dimension de l’espace naturel ouvert par lequel nous nous faufilons. Nous voici enfin entrés. Un peu de lumière éclaire le salon vide où de vieux rideaux brodés reposent sur le sol. Il faut bien l’avouer, un petit air nostalgique flotte dans ce décor vieux rose écaillé. Nous traversons les pièces et découvrons la cuisine avec son vieux piano de cuisson, l’office aux innombrables placards, puis la salle à manger. Une porte s’ouvre sur un escalier qui mène plus bas. Cédant à la curiosité, nous y descendons. Il fait noir, beaucoup trop noir. Je sursaute au moindre craquement.  Quelle idée d’avoir terminé le dernier Franck Thilliez la veille ! Morte de peur, je prends quelques photos à l’aveuglette et rebrousse chemin en vitesse (laissant Jimmy mort de rire derrière moi). Retour au niveau supérieur, j’aime bien la lumière ! Plus loin, nous trouvons les chambres, de splendides salles de bain de style Art Déco et très certainement le boudoir de Madame et le bureau de Monsieur.

Au fond d’un couloir, un escalier s’élance vers le grenier. Il est digne de ce nom. Il regorge de meubles poussiéreux, de sièges bancales et de vieux objets du passé. J’aime ces vieilleries. Un annuaire téléphonique de 1935 côtoie de vieilles piles de lettres, une table en bois mangée par les insectes gît sur le côté. Des chaussures, une valise et des clefs, comme sur le départ. Un régal à photographier ! Sauf que… Pourquoi n’ai-je pas vérifié la carte SD avant de partir ? Je sais pourtant qu’il faut le faire. Je reviendrai demain.

L’exploration du parc prend un peu moins de temps. Quelqu’un doit venir entretenir un peu, une certaine géométrie demeure. On devine les anciennes allées qui mènent vers le fond du jardin. Là bas, les rhododendrons et les azalées sont en fleurs sous les grands chênes. La nature est tellement belle. Un peu plus loin, de nouvelles allées, cette fois bordées de vieux rosiers, conduisent vers un autre bâtiment. Une veille serre encore debout. A l’intérieur, parmi les herbes de la pampa, une tête de taureau empaillée git sur une table. Quelle mise en scène improbable !

Arpenter un vieux parc abandonné, se faufiler dans une maison oubliée, c’est un peu voyager dans le temps. On y retrouve des brins de passé, on y éprouve des sensations vives, parfois stressantes il faut bien l’avouer, mais on y fait des découvertes sublimes. Une belle expérience qui donne envie de recommencer très bientôt.

Les photos à découvrir en cliquant ici.

¹ Au cours de cette balade photographique, rien n’a été déplacé, touché ou abîmé.

SP.

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